Professeurs absents, élèves sans classe, parents excédés

Enseignants absents ou mal remplacés: de nombreux parents d’élèves de la Seine-Saint-Denis (93) tapent du poing sur la table. Mercredi, ces derniers ont bloqué plus de 200 établissements dans 21 villes du département afin d’exprimer «le ras-le-bol de familles confrontées, depuis des années, à des difficultés qui ne font que s’aggraver». Ce sont dans les villes de Montreuil – où plus de 30 écoles sont concernées par ces actions sur les 49 de la commune -, Saint-Ouen, Aubervilliers et Saint-Denis que la mobilisation a été la plus forte. Le Ministère de Bonnets d’âne, le Collectif des parents citoyens du 93 et de la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves 93 (FCPE) sont à l’origine de cette journée d’action qui a débuté à 8h45 mercredi matin.

«Nous avons occupé les écoles élémentaires pendant une demi-heure puis nous avons faxé des courriers au ministère de l’Éducation afin de leur faire part de nos revendications», raconte un membre du Collectif des parents du 93. «Depuis le début de l’année scolaire, on compte 152 demi-journées non-remplacées, dont 130 depuis janvier 2016, poursuit-elle. Les enfants se retrouvent souvent à 28 dans une classe, mélangés avec des élèves d’un autre niveau et ainsi de mauvaises conditions d’apprentissage.» Certains établissements demandent même aux parents de les garder chez eux.

Les enseignants et parents d’élèves se sont ensuite réunis autour de pique-niques organisés devant les mairies, auxquels ont participé certains enseignants qui soutiennent l’opération. «Les témoignages se multiplient, expliquent les organisateurs, qui citent le cas d’«une enseignante avec 60 enfants de maternelle durant toute une journée, de parents sommés de prendre des congés pour garder leur enfant ou d’une remplaçante ivre devant des CP».

Les collectifs des Bonnets d’ânes, aux méthodes plus fortes, ont quant à eux manifesté dans les rues, bloquant les tramways à Saint-Denis et brandissant des pancartes où étaient inscrits «Ras-le-bol du coloriage», «Écoles en danger! 93 abandonné» et «Parents du 93 en colère.»

La Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre de France

«L’éducation est un droit, assène Delphine, mère de deux enfants en CE2 et CM1. La première chose que je demande à mes filles quand elles rentrent de l’école est ‘as-tu eu classe aujourd’hui?’ Nous avons comptabilisé 400 classes de primaire dans le département qui sont quotidiennement privées d’enseignants.» Et lorsqu’il y a un remplaçant, les instituteurs sont souvent «mal remplacés». «Le ministère recrute des contractuels via le Pôle Emploi, affirme-t-elle. Ils n’exigent même pas le BAFA où une expérience dans l’enseignement car ils recrutent dans l’urgence!» Certains rapportent que des annonces auraient même été mises en ligne sur le site de petites annonces Le Bon Coin.

article disponible dans son intégralité sur http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/13/01016-20160413ARTFIG00214-seine-saint-denis-des-parents-bloquent-200-ecoles-pour-denoncer-le-manque-de-remplacants.php

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*