L’histoire de la brebis Dolly

Dolly est le premier mammifère né il y a 20 ans sans qu’une fécondation d’un ovule par un spermatozoïde ait eu lieu.

Elle est plutôt issue de la constitution d’un embryon par fusion en laboratoire d’un noyau cellulaire et d’un ovule énucléé: La fusion a été réalisée par un choc électrique.

La brebis ainsi née possède un patrimoine nucléaire identique à un individu déjà existant.

Cependant, Dolly n’est pas le clone parfait de Belinda, sa mère.

En effet, dans l’ovule utilisé, comme dans toutes les cellules, il s’est trouvé des organites, les mitochondries, les usines énergétiques de la cellule, qui possèdent leur propre patrimoine génétique. Dolly est donc aussi le fruit de la brebis qui a donné son ovule.

Le clonage à partir de cellules différenciées d’un organisme adulte constitue une avancée importante :

            _Cela a prouvé que la régulation de l’expression des gènes est réversible. On s’en doutait depuis des années, mais il n’y avait pas de preuve.

            _Cela a ouvert la porte à la production d’animaux transgéniques (qui possèdent des gènes en plus, par exemple, des gènes qui codent des protéines humaines utilisées à des fins médicales) ou d’animaux présentant des qualités particulières.

Il pourrait s’agir d’une technique intéressante pour sauvegarder les espèces en voie de disparition.

Cette histoire très médiatisée a été aussi le moyen de diffuser l’idée fausse qu’un clone est la copie conforme d’un autre individu.

L’identité est celle de l’ADN nucléaire, ce qui implique que le clone n’est donc :

_ni génétiquement identique à un autre individu : le patrimoine génétique est composé de l’ADN nucléaire contenu dans le noyau des cellules de l’organisme et de l’ADN mitochondrial (ADN mt) contenu notamment dans le cytoplasme de l’ovule (donc aussi dans l’ovule énucléé).

À l’origine, les chercheurs pensaient que l’ovule énucléé était un environnement qui devenait neutre au fur et à mesure de l’expression de l’ADN, mais les recherches ont montré que l’ADN mt contribue à la reprogrammation de l’ADN du noyau cellulaire, il interagit avec l’ADN nucléaire et influence donc son expression, et, une fois l’organisme parvenu à maturité, il joue un rôle dans la respiration cellulaire, la production des protéines et l’homéostasie (certaines maladies génétiques sont donc exclusivement mitochondriales).

Demeure néanmoins l’identité non négligeable de l’ADN nucléaire.

_ Une physionomie identique : conséquence du rôle du milieu (dont participe notamment l’ADN mt) dans lequel s’exprime l’ADN, même si une grande ressemblance existe, elle est finalement moindre que celle qui existe entre des jumeaux homozygotes.

_ Pour une brebis blanche, les traits physionomiques distinctifs ne sont pas nombreux, ce qui renforce la grande ressemblance entre Dolly et Belinda.

La même équipe écossaise a cloné 13 brebis, dont 4 en 2007 (Debbie, Denise, Diana et Daisy) à partir de la lignée de cellules de glande mammaire ayant permis la naissance de Dolly il y a tout juste 20 ans. Contrairement à Dolly, ces brebis ne montrent pas de signes de vieillissement accéléré. Alors que moins de 3 % des embryons clonés parvenaient à naître en bonne santé en 1996, cette proportion a dépassé 20 % pour la cohorte de brebis en 2016.

 

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